Plaidoyer pour ma terre (Herbert Pagani (z »l)) (fr+eng)

En 1975,  Herbert Pagani (z »l) clamait son « Plaidoyer pour ma terre » à une émission de Jacques Chancel. Force est de constater aujourd’hui que son excellent, et même remarquable, plaidoyer, qui est aussi le nôtre, au demeurant, je partage complètement son coup de gueule, sauf pour 2 Etats pour 2 peuples, il n’est pas question de donner un Etat aux Arabes dits « palestiniens », surtout pas après tout le sang qu’ils ont versé chez les nôtres.

Je vous invite donc à lire ce plaidoyer ou à l’écouter…

« L’autre jour, j’étais dans le métro et j’entends deux dames dire :

« T’as lu le journal ? Encore ces Juifs avec leurs histoires… Quels emmerdeurs ! « .

C’est vrai. Nous sommes des emmerdeurs.

Ça fait des siècles qu’on emmerde le monde. C’est dans notre nature, que voulez-vous. 

Abraham avec son dieu unique, Moïse avec ses tables de la loi, Jésus avec son autre joue toujours prête à la deuxième baffe. Puis Freud, Marx, et Einstein, tous ont été des gêneurs, des révolutionnaires, des ennemis de l’Ordre. 

Pourquoi ? Parce que l’ordre, quel que fut le siècle, ne pouvait les satisfaire, puisque c’était un ordre dont ils étaient toujours exclus. 

Remettre en question, voir plus loin, changer le monde pour changer de destin, tel fut le destin de mes ancêtres. C’est pourquoi ils sont haïs par tous les défenseurs de l’ordre établis.

L’antisémite de droite reproche aux Juifs d’avoir fait la révolution bolchevique. C’est vrai. Il y en avait beaucoup en 1917. 

L’antisémite de gauche reproche aux Juifs d’être les propriétaires de Manhattan, les gérants du capitalisme. C’est vrai, il y a beaucoup de capitalistes juifs.

La raison est simple : La culture, la religion, l’idée révolutionnaire, d’un coté, les portefeuilles et les banques, de l’autre, sont les seules valeurs transportables, les seules patries possibles pour ceux qui n’ont pas de patrie. 

Et maintenant, aujourd’hui qu’il en existe une, l’antisémitisme renaît de ses cendres… Pardon, de NOS cendres, et s’appelle antisionisme. Il s’appliquait aux individus, il s’applique à une nation. Israël est devenu un Ghetto, Jérusalem c’est Varsovie.

Les nazis qui nous assiègent parlent arabe, et si leur croissant se déguise parfois en faucille, c’est pour mieux piéger les gauches du monde entier. Moi, qui suis un Juif de gauche, je n’en ai rien à faire d’une gauche qui veut libérer tous les hommes au détriment de certains d’entre eux, car je suis précisément de ceux-là. D’accord pour la lutte des classes mais aussi le combat pour le droit à la différence. Si elle veut me compter parmi les siens, la gauche ne peut pas faire l’économie de mon problème.

Et mon problème est simple, mon problème est que depuis les déportations romaines du 1er siècle après Jésus Christ, nous avons été partout honnis, bannis, écrasés, spoliés, chassés, traqués, convertis de force. 

Pourquoi ? Parce que notre religion, notre culture, étaient dangereuses, c’était un exemple de démocratie.

Vous voulez quelques exemples ? 

Le judaïsme a été le premier à créer le Chabbat, c’est à dire le jour de repos hebdomadaire obligatoire. Vous imaginez la joie des pharaons, toujours en retard d’une pyramide ! 
Le judaïsme interdit l’esclavage. Vous imaginez la sympathie des romains, les plus importants grossistes de main d’oeuvre gratuite de l’antiquité !

Il est dit dans la Bible : la terre n’appartient pas à l’Homme mais à Dieu. De cette phrase découle une loi : celle de la remise en cause de la propriété foncière tous les 49 ans. Tous les 49 ans. Vous voyez l’effet d’une loi pareille sur les Papes du Moyen-Âge et les bâtisseurs d’empires de la renaissance ; Il ne fallait pas que les peuples sachent. On commença par interdire la Bible, et puis ce fut la médisance : les murs de la calomnie qui devinrent les murs des ghettos, puis l’inquisition, les bûchers et, plus tard, les étoiles jaunes. Auschwitz n’est qu’un exemple industriel de génocide, mais il y a eut des génocides artisanaux par milliers. J’en aurais pour trois jours, je vous le jure, rien qu’à nommer tous les pogroms d’Espagne, de Russie, de Pologne et d’Afrique du Nord !

A force de fuir, de bouger, le Juif est allé partout. On extrapole et voilà : il n’est de nulle part. Nous sommes parmi les peuples comme l’enfant à l’assistance publique. Je ne veux plus être adopté. Je ne veux plus que ma vie dépende de l’humeur de mes propriétaires. Je ne veux plus être un citoyen-locataire. 
J’en ai assez de frapper aux portes de l’Histoire et d’attendre qu’on me dise  » Entrez  » ! Je rentre et je gueule aujourd’hui ! 
Je suis chez moi sur Terre, et sur Terre j’ai MA terre : Elle m’a été promise, elle sera maintenue.

Qu’est ce que le sionisme ? 

Ça se réduit à une simple phrase : 

« L’an prochain à Jérusalem ». 

Non, ce n’est pas un slogan du Club Méditerranée. C’est écrit dans la Bible, le livre le plus vendu et le plus mal lu du monde, et cette prière est devenue un cri, un cri qui a aujourd’hui plus de 2 000 ans, et le père de Christophe Colomb, celui de Kafka, celui de Proust, celui de Chagall, celui de Marx, d’Einstein et même celui de Monsieur Kissinger l’ont répété, ce cri, au moins une fois par an, le jour de Pâques. 

Alors, le sionisme, c’est du racisme ? Mais faites-moi rire : Est-ce que « Douce France, cher pays de mon enfance », est un hymne raciste ? 

Le sionisme, c’est le nom d’un combat de libération.

Dans le monde, chacun a ses Juifs. Les français ont les leurs : ce sont les Bretons, les Occitans, les travailleurs immigrés. Les Italiens ont les siciliens, les Yankées ont leurs Noirs, les Espagnols leurs Basques. Nous ? On a une prérogative, nous sommes les Juifs de tous. A ceux qui me disent : « Et les Palestiniens ?  » Je réponds : « Je suis un palestinien d’il y a 2 000 ans. Je suis l’opprimé le plus vieux du monde ». Opprimé quelques fois et souvent même supprimé. Je discuterai donc avec eux, mais je ne leur céderai pas ma place. Il y a là bas de la place pour deux peuples et pour deux pays, pour deux nations, les frontières seront à discuter ensemble, mais l’existence d’un pays ne peut en aucun cas exclure l’existence d’un autre et les options politiques d’un gouvernement n’ont jamais mis en cause l ‘existence d’une nation.

Alors pourquoi Israël ? 

Quand Israël sera hors de danger, je choisirai parmi les Juifs et mes voisins Arabes, ceux qui me sont frères par les idées. Aujourd’hui, je me dois d’être solidaire avec tous les miens, même ceux que je déteste, au nom d’un ennemi insurmontable : le racisme.

Descartes avait tort ! « Je pense, donc je suis », ça ne veut rien dire ! Nous, ça fait 5 000 ans qu’on pense, et nous n’existons toujours pas !

Je me DÉFENDS, donc, je suis ! »

 


 

In 1975, Herbert Pagani (z »l) proclaimed his « Plaidoyer pour ma terre » on a Jacques Chancel show. It is clear today that his excellent, and even remarkable, advocacy, which is also ours, besides, I completely share his rant, except for 2 States for 2 peoples, there is no question of giving a State to the so-called « Palestinian » Arabs, especially not after all the blood they have poured into ours.

I invite you to read this plea or listen to it …

 

« The other day, I was in the subway and I hear two ladies say:

« You’ve read the newspaper ? Those Jews again, with their stories … What troublemakers ! »

That is true. We are troublemakers.

It’s been centuries that we trouble the world. It’s in our nature, what do you want ?

Abraham with his only God, Moses with his tables of the law, Jesus with his other play always ready for the second slap. Then, Freud, Marx, and Einstein, all were troublemakers, revolutionaries, enemies of the Order.

Why ? Because order, whatever the century, could not satisfy them, since it was an order from which they were always excluded.

To question, to see further, to change the world to change destiny, such was the fate of my ancestors. That is why they are hated by all established defenders of the order.

The right-wing anti-Semite reproaches the Jews for having made the Bolshevik revolution. That is true. There were many in 1917.

The leftist anti-Semite accuses the Jews of being the owners of Manhattan, the managers of capitalism. That’s right : there are many Jewish capitalists.

The reason is simple: Culture, religion, the revolutionary idea, on the one hand, the portfolios and banks, on the other, are the only transportable values, the only possible homelands for those who do not have a homeland.

And now, today, that there is one, anti-Semitism reborns from its ashes … Sorry, from OUR ashes, and is called anti-Zionism. It applied to individuals, it applies to a nation. Israel has become a Ghetto, Jerusalem is Warsaw.

The Nazis who besiege us speak Arabic, and if their crescent disguises itself sometimes as a sickle, it is to better trap the lefts of the whole world. I, who am a Jew on the left, have nothing to do with a left that wants to free all men at the expense of some of them, because I am precisely one of them. Agree for the class struggle but also the fight for the right to the difference. If she wants to count me among his family, the left can not do without my problem.

And my problem is simple, my problem is that since the Roman deportations of the first century after Christ, we have been everywhere hated, banished, crushed, robbed, hunted, hounded, converted by force.

Why ? Because our religion, our culture, was dangerous, it was an example of democracy.

You want some examples?

Judaism was the first to create Shabbat, the obligatory weekly day of rest. You imagine the joy of the pharaohs, always behind a pyramid!
Judaism forbids slavery. You can imagine the sympathy of the Romans, the most important wholesalers of free labor of Antiquity!

The Bible tells : the earth does not belong to Men but to God. From this sentence follows a law: that of the questioning of land ownership every 49 years. Every 49 years. You see the effect of such a law on the Popes of the Middle Ages and the builders of Renaissance empires; The people should not know. The Bible was first forbidden, and then it was slander: the walls of slander became the walls of the ghettos, then the inquisition, the pyres and, later, the yellow stars.

Auschwitz is only an industrial example of genocide, but there have been thousands of genocides. I’ll have it for three days, I swear, just to name all the pogroms of Spain, Russia, Poland and North Africa!

By running away, by moving, the Jew has gone everywhere. We extrapolate and that’s it: He’s from nowhere. We are among the peoples as the child to public assistance. I do not want to be adopted anymore. I do not want my life to depend on the mood of my owners anymore. I do not want to be a citizen-renter anymore.
I’m tired of knocking on the doors of History and waiting for someone to say « Come in »! Today I’m come in and I shout !
I am at home on Earth, and on Earth I have MY earth: It has been promised to me, it will be maintained.

What is Zionism?

It is reduced to a simple sentence:

« Next year in Jerusalem ».

No, this is not a Club Med slogan. It is written in the Bible, the best-selling book and the most misread in the world, and this prayer has become a cry, a cry that is now more than 2,000 years old, and the father of Christopher Columbus, the Kafka’s, Proust’s, Chagall’s, Marx’s, Einstein’s and even Mr Kissinger’s have repeated this cry, at least once a year, on Easter day.

So, Zionism is racism? But make me laugh: Is « Sweet France, dear country of my childhood », a racist hymn?

Zionism is the name of a liberation struggle.

In the world, everyone has his Jews. The French have theirs: they are the Bretons, the Occitans, the immigrant workers. The Italians have Sicilians, the Americans have their Blacks, the Spaniards their Basques.

We? We have a prerogative, we are the Jews of all.

To those who say to me, « What about the Palestinians? » I say, « I am a Palestinian of 2,000 years ago, I am the oldest underdog in the world. » Oppressed sometimes and often even suppressed, deleted. I will therefore discuss with them, but I will not give them my place. There is room for two peoples and for two countries, for two nations, the borders will be discussed together, but the existence of one country can not in any way exclude the existence of an other and the political options of a government have never questioned the existence of a nation.

So why Israel?

When Israel will be out of danger, I will choose among the Jews and my Arab neighbors, those who are brothers to me by ideas. Today, I have to be in solidarity with all of mine, even those I hate, in the name of an insurmountable enemy: racism.

Descartes was wrong! « I think, so I am », it does not mean anything! We have been thinking for 5,000 years, and we still do not exist.

I DEFEND MYSELF, so, I am! »

https://youtu.be/w-7csSjGdWo

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