Pour avancer, Israël doit se recentrer sur ses valeurs fondatrices (‘Ami Artsi עמי ארצי) (fr)

Lorsque Theodor Herzl a écrit l’Etat juif et s’est battu pour qu’il devienne une réalité, il pensait à ce pays comme un pays refuge pour ce peuple qui a subit tant de massacres, de persécutions de toutes sortes, d’humiliations, de stigmatisations, … le peuple juif.

Il avait compris que les Juifs vivaient selon la volonté et les désirs des non-Juifs dans les pays de la diaspora et qu’il leur fallait un pays qui soit pour eux un havre de paix, un endroit où ils vivraient libres et maîtres de leur destin, sans être soumis aux régimes tyranniques non-Juifs qui leur ont causé tant de souffrances et de traumatismes.

Un pays où ils pourraient fuir les horreurs que leur faisaient subir les non-Juifs depuis plus de
2 000 ans, un pays où ils seraient chez eux, fiers et heureux, enfin en paix.

Quoi de plus naturel que de penser au pays dont les Juifs sont tous originaires ?

Le rêve de Theodor Herzl était celui de millions d’entre nous, et ce n’était pas qu’un rêve : c’était une nécessité vitale.

Nous n’avons pas fuit Torquemada, Hitler, Staline, Saddam ‘Hussein, etc… pour nous retrouver menacés et persécutés sur notre propre terre !

Nous n’avons pas fait renaître notre Etat pour qu’il soit un lieu où notre sang est à nouveau versé, et notre peuple massacré.

Nous ne sommes pas revenus dans notre pays pour craindre à nouveau pour nos vies et nous retrouver à nouveau sous le joug d’autres Nations, d’un autre peuple (en l’occurrence, le peuple arabe).

Après tout ce que nous avons enduré, après les millions de kilomètres parcourus, nous ne sommes pas revenus pour retrouver ça chez nous :

Rien ne nous oblige à accepter cela, et personne n’en a le droit.

Israël ne peut pas être un pays refuge pour les Juifs si, dans ce pays aussi, leurs vies sont menacées.

Face à cela, il y a deux façons possibles de réagir : renoncer ou se battre.

C’est cela qui divise la société israélienne aujourd’hui.

Il y a ceux qui veulent renoncer à la raison-même de l’existence de l’Etat juif…

Cette renonciation est représentée par deux courants :

La renonciation totale (la fin de l’Etat juif, prônée par l’extrême gauche israélienne qui se bat pour cela pour certains tandis que d’autres l’envisage comme une possibilité acceptable et vivre sous domination syrienne, par exemple, ne leur pose aucun problème).

La renonciation partielle (prônée par la gauche israélienne pour favoriser la création d’un Etat palestinien, renonciation qui consiste en l’abandon de territoires aux Arabes dont la plupart des familles provient des pays limitrophes et n’est même pas originaire du pays), tout en constatant aujourd’hui que cette démarche est un échec retentissant avec l’expérience du désengagement de la Bande de Gaza et de certains territoires de Judée et de Samarie, réalisant qu’elle n’apporte en rien la paix mais bien au contraire accroît l’insécurité de l’Etat juif et des Juifs qui y vivent et menace directement leurs vies.

Cette démarche est comparable à quelqu’un qui essaierait d’éteindre un incendie avec de l’essence.

La renonciation partielle, c’est aussi ce que fait, à sa façon, la droite israélienne, non pas en abandonnant des territoires (encore que…) ni en recherchant la création d’un Etat palestinien (encore que…) mais bien en ayant du mal à comprendre la raison fondamentale de cette renaissance nationale…

Une partie de la droite pense qu’Israël est un Etat juif qui doit faire face à des difficultés à cause de son caractère juif qu’il doit assumer jusqu’au bout.

Une autre pense que c’est la guéoula, le retour des exilés des quatre coins du monde évoqué dans le Tanakh, retour annonciateur de la prochaine venue du Machia’h (le messie).

Mais si les deux parties de la droite ont un peu raison, toutes deux oublient quelle était l’origine fondamentale du rêve de Herzl : créer un Etat refuge pour le peuple juif.

Israël doit être un Etat refuge juif : tous les Juifs qui veulent s’y installer doivent y être libres et en sécurité.

Et toutes les personnes non-Juives dont la vie est menacée (des gens comme Salman Rushdie ou Mu’hammad Zu’abi, etc) et qui font une demande d’asile seront accueillies et protégées par l’Etat d’Israël.

C’est la raison-même de l’existence de notre Etat.

Être un Etat refuge. D’abord, et en priorité pour les Juifs, et ensuite pour les non-Juifs.

Et c’est ainsi qu’il sera un phare pour les Nations. Et c’est ainsi qu’il aura toutes ses lettres de noblesse.

Maintenant, être un Etat refuge pour le peuple juif et pour les réfugiés non-Juifs dont la vie est menacée, est impossible si en son sein, une partie de la population est une menace pour son existence et pour les personnes qu’il est censé protéger.

Mu’hammad Zu’abi, dont la vie était menacée par sa famille parce qu’il a exprimé son amour d’Israël et condamné le terrorisme et les agissements anti-israéliens, a été envoyé à l’étranger (aux Etats-Unis) pour protéger sa vie pendant un long moment, alors que sa famille qui le menaçait est restée en Israël.

C’est l’inverse qu’aurait dû faire Israël : expulser tous ceux qui représentent une menace pour une personne comme Mu’hammad Zu’abi afin de pouvoir protéger des personnes comme Mu’hammad Zu’abi.

Israël compte une minorité de 1 534 musulmans. Sur ces 1 534 musulmans, selon les dernières statistiques en date, 48% ont une opinion défavorable d’Israël et 49% ont une opinion favorable d’Israël.

On peut bien sûr voir le verre à moitié vide ou à moitié plein, il n’en demeure pas moins que 48% d’une population, c’est énorme. Imaginez si, en France, 48% de la population votait FN, ce serait effrayant, même si les Républicains, en face, totalisaient un score de 49%. Le chiffre de 48% est beaucoup, beaucoup trop élevé et, dans le cas d’Israël, cela représente trop de risques et des risques bien trop lourds pour permettre à la situation de perdurer.

Aux terroristes doit être appliquée la peine capitale ou l’élimination par Tsahal et aux autres, l’expulsion, à l’exception de ceux dont la vie est menacée.

Resteraient en Israël les Druzes (qui ont, pour 94% d’entre eux, toujours exprimé leur franc soutient, leur soutien actif à l’Etat juif), les Arabes chrétiens qui n’ont jamais représenté une menace pour Israël ni pour sa population et dont la vie est menacée dans tout le Moyen-Orient, les Arabes laïcs voire athées, les Arabes musulmans dont la vie est menacée (homosexuels, apostats, musulmans ayant aidé à un niveau ou un autre l’Etat d’Israël, etc…), Zoroastriens, Bahais, opposants politiques au régime de leurs pays,  et les Juifs.

Nous ne sommes pas là pour mourir, nous sommes là pour vivre. Et en tant que peuple dont la vie est menacée, nous avons le devoir d’aider ceux dont la vie est aussi menacée.

Il faut être cohérent, Israël, s’il veut être un Etat refuge, ne peut pas et ne doit pas accueillir les personnes persécutées ainsi que leurs persécuteurs, il ne peut pas accueillir les Juifs et accueillir aussi leurs ennemis.

C’est comme introduire dans un foyer pour femmes battues, des hommes qui battent les femmes. C’est inconciliable.

Ce n’est pas possible, ou alors si Israël le fait, ce n’est plus un Etat refuge.

Israël n’a pas d’autres choix, s’il veut protéger les persécutés (dont les Juifs) d’expulser les persécuteurs (ou les exécuter quand il s’agit de terroristes).

S’il veut que les Juifs fassent massivement leur ‘alyah, il faut que la situation qu’il propose soit saine, sûre et paisible.

Il ne lui est pas possible de souhaiter que les Juifs viennent s’installer en Israël pour retrouver, là-bas, les périls qu’ils rencontrent ou peuvent rencontrer en dehors.

S’il veut que les Juifs fassent leur ‘alyah, il faut qu’il leur propose une vie meilleure. En tant que peuple menacé et peuple indigène de cette terre, nous avons une double-légitimité à rester. Pas les musulmans qui n’en ont aucune si ces derniers veulent détruire l’Etat juif et donc menacer l’Etat refuge qu’il doit être. Seules les personnes et les communautés dont la survie est menacée doivent pouvoir recevoir l’asile politique en Israël, pas celles qui les menace.

Et qu’on ne nous sorte pas « Nous ne pouvons pas faire cela, nous avons, nous-mêmes été si souvent expulsés, nous avons dû si souvent quitter les pays et les maisons où nous vivions, ce n’est pas pour le faire subir à d’autres peuples ! » car, à la différence de ceux que nous devrions expulser, nous n’avons jamais représenté une menace pour qui que ce soit, il ne faut jamais l’oublier.

Et c’est au nom de ce que nous avons vécu que nous devons assurer l’existence de cet Etat en tant que havre de paix.

Ne confondons pas les victimes et les bourreaux.

‘Ami Artsi עמי ארצי

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