Une ancienne communauté juive brave un avenir incertain en Tunisie (Cnaan Liphshiz/JTA) (fr+eng)

Titre original : In Tunisia, an ancient Jewish community braves uncertain future
Date de publication : 26 septembre 2017
Site de publication : Jerusalem Post (JPost)
URL du site : http://www.jpost.com
URL de l’article : http://www.jpost.com/Diaspora/In-Tunisia-an-ancient-Jewish-community-braves-uncertain-future-506017
Auteur de l’article : Cnaan Liphshiz/JTA
Traduction : ‘Ami Artsi עמי ארצי
Date de traduction : 2 octobre 2017
Site de traduction : Israëlia ישראליה

A Jewish woman lights candles during a pilgrimage to the La Ghriba synagogue in Djerba, Tunisia / Une femme juive allume les bougies pendant le pèlerinage à la synagogue de La Ghriba, à Djerba, en Tunisie (photo credit:ANIS MILI / REUTERS)

Les quelques Juifs restant en Tunisie continuent de se rassembler chaque année à la belle Synagogue de La Ghriba pour les prières des fêtes. 

DJERBA, Tunisie — Anticipant l’ascension rapide du soleil dans les cieux africains, pieds nus, six hommes s’alignent dans un couloir venteux de l’intérieur toujours frais de la plus vieille synagogue d’Afrique. Généralement en fredonnant un hymne biblique en hébreu, eux et un journaliste israélien, attendent de les effectuer en minyan – le quorum de 10 hommes juifs que le judaïsme requiert pour certaines prières et le seuil minimal pour toute communauté viable.

 

Lag BaOmer at La Ghriba, Djerba, Tunisia on May 25, 2016 / Lag BaOmer à la Ghriba, Djerba, en Tunisie le 25 mai 2016 (Photo by Yassine Gaidi/Anadolu Agency/Getty Images)

Membres d’une minorité juive déclinant dans cette île tunisienne, ils attendent des heures sous les arcs ornés de la centenaire synagogue La Ghriba à Riadh, une ville où des milliers de Juifs ont un jour vécu mais qui, à présent, ne compte qu’une poignée de familles juives. Cela prendra un moment avant que les renforts n’arrivent : trois Juifs de plus de ‘Hara Kebira, la dernière ville juive de Djerba, située 6,4 kilomètres au Nord de la synagogue.

Appartenant à l’une des rares congrégations juives du monde arabe, leur patience reflète une détermination à préserver leurs anciennes traditions dans une communauté très soudée de 1 000 personnes. De nombreux membres se sentent obligés de rester sur l’île même s’ils ne peuvent imaginer aucun avenir ici, pour leurs enfants.

“Tout le monde a pensé à partir, même moi” dit Ben Tsion Dee’ie, un enseignant de yéshiva de 30 ans qui a marché 6 kilomètres jusqu’à La Ghriba, depuis le domicile de ses parents à ‘Hara Kebira, où presque tous les Juifs de Djerba vivent.  « L’économie est mauvaise, la monnaie s’effondre, le tourisme est en souffrance à cause du terrorisme et les emplois sont rares et mal rémunérés. »

Mais partir « serait très difficile » ajoute Dee’ie, qui vient chaque année avec d’autres fidèles pour s’assurer que La Ghriba ait un minyan. « Je ne peux pas quitter l’endroit où ont vécu mes ancêtres pendant tant d’années ».

Toutefois de nombreux facteurs, comprenant la violence toléré par l’Etat à l’encontre des Juifs à la suite de la victoire d’Israël sur ses voisins lors de la Guerre des Six Jours, a progressivement vidé la Tunisie des 110 000 Juifs qui y vivaient avant les années 70. Quelques dizaines de familles sont parties après la révolution de 2011 qui a brièvement installé un parti islamiste et anti-israélien au pouvoir (ndlr : Enna’hdha).

 

A Jewish worshipper prays during a pilgrimage to La Ghriba synagogue in Djerba April 28, 2013 / Une pèlerine juive prie pendant le pèlerinage à la synagogue de La Ghriba, à Djerba en Tunisie REUTERS/Anis Mili (TUNISIA)

Ce combat de l’instabilité était le dernier chapitre de l’Histoire qui a conduit à la quasi-totale disparition de la vie juive multi-séculaire du monde arabe avec l’hostilité et la pauvreté.

Les Juifs de Djerba ont également connu ces problèmes, notamment dans l’explosion que les terroristes d’al-Qaida ont déclenchée à l’extérieur de La Ghriba en 2002 et dans laquelle 20 personnes sont mortes, dont 14 touristes allemands.

L’explosion s’est produite trois semaines avant la fête juive de Lag Ba Omer, quand des centaines de touristes, dont certains provenant d’Israël, se rassemblent à La Ghriba pour un pèlerinage particulièrement populaire chez les Juifs d’origine tunisienne.

« C’est le seul moment de l’année où nous pouvons espérer avoir minyan » déclare Dee’ie à la synagogue, où, à Rosh Hashana, les sons du shofar  se mêlent à l’appel musulman à la prière et au son des cloches de l’église.

Après les prières à la synagogue (un lieu ordinairement calme où les seuls sons sont ceux du bruissement du vent soufflant sur les nattes en osier sur le sol et le crépitement des lampes à huile en verre aux fenêtres) les 10 hommes marchent vers un puits profond à proximité pour y assurer le Tashlikh, un rituel d’expiation nécessitant une vaste étendue d’eau.

Plongeant à 200 pieds au-dessous du sol brûlé par le soleil du désert, le puits était autrefois utilisé pour entretenir un complexe de bâtiments communs et des vergers appartenant à des Juifs ayant vécu ici. Aujourd’hui, il se tient à la lisière d’un champ stérile et ouvert.

Les hommes se dirigent ensuite vers le domicile de Joseph Azria, 42 ans, et de ses parents malades (trois des rares Juifs vivant encore à Riadh) pour sonner le shofar pour le père d’Azria, qui est trop vieux et faible pour marcher jusqu’à la synagogue. Le vieil homme sourit quand son unique fils vivant encore en Tunisie dit espérer trouver une épouse juive au Maroc et probablement partir avec elle en Israël.

La synagogue est aujourd’hui entourée d’obstacles anti-tank et est gardée en permanence par un régiment de soldats portant des mitrailleuses. Ils interdisent aux visiteurs de prendre des photos et les détournent quand des membres de la communauté juive se trouvent dans le bâtiment.

 

Les photos sont également interdites à ‘Hara Kebira, qui comporte en permanence des checkpoints aux deux entrées de la ville. Des agents de police portant des habits civils patrouillent dans la ville, interceptant et questionnant rapidement qui que ce soit n’ayant pas l’air d’en être un habitant. Dans ‘Hara Kebira, qui a un rabbin, quatre synagogues et trois écoles juives, les Juifs sortent en portant des kippot, saluant les passants en leur disant « Shalom » et se souhaitant les uns les autres une autre « Shana tova » (hébreu signifiant « bonne année »).

Des souccot, des huttes avec des auvents de palmier, sont érigées dans chaque cour lors de la fête juive et tout le voisinage devient silencieux à Yom Kippour, le jour juif du grand pardon. Cependant, les résidents de ‘Hara Kebira ne manifestent pas leur identité juive en dehors de leur ville : les hommes portent des chapeaux sur leurs kippot lorsqu’ils quittent l’enclave.

« C’est une très bonne chose que les policiers soient là, ils nous protègent, comme ils vous protègent en Israël » s’exclame Dee’ie, qui a étudié à un séminaire religieux en Israël en 2007. Il est revenu à ‘Hara Kebira mais a déménagé l’an dernier à Zarzis, où sa femme est née et où elle enseigne dans une classe de 15 enfants de la communauté juive de cette ville qui compte 130 personnes.

Le père de Dee’ie, mohel et sho’hèt le plus expérimenté de la communauté (respectivement les personnes qui s’occupent de la circoncision et de l’abattage rituel des animaux) vit encore à ‘Hara Kebira avec sa femme et ses neuf sœurs et frères. Ils se retrouvent aux fêtes lors de repas élaborés et riches, avec de l’alcool, notamment du vin cacher que les Dee’ie produisent eux-mêmes parce qu’importer est trop cher et compliqué en Tunisie, un pays islamisé où beaucoup de personnes s’opposent à toute vente d’alcool.

En dépit du défi de vivre ici, Djerba est l’un des rares endroits dans la région où une importante communauté juive persiste. Les habitants (Juifs comme non-Juifs) disent que, grâce à un ensemble de circonstances très spéciales, la population locale bénéficie d’une relative immunité face aux vagues xénophobes et aux agitations politiques se déroulant sur le continent.

Pratiquement tous les aspects de la vie à Djerba portent les effets de siècles d’interactions entre musulmans, chrétiens et Juifs dont la présence remonte à l’époque romaine.

 

General view from the the Great Room of La Ghriba in Tunisia / Vue générale de la grande pièce de La Ghriba en Tunisie

 

Tandis qu’ailleurs en Tunisie le ragoût de haricot traditionnel est connu sous le nom de tfina, la pkeïleh est considérée comme un plat typiquement juif. Ici, à Djerba, tout le monde en mange et en fait. Les meilleurs fabricants de blousas (une robe traditionnelle djerbane que les musulmanes portent les jours de fêtes religieuses) sont tous Juifs (un tailleur juif, Makhiks Sabbag, et son fils Amos sont de très loin considérés comme les meilleurs d’entre eux).

Le symbole de la menorah, la lampe à huile traditionnelle juive, est une icone locale adoptée par la population générale et apparaît dans les décorations des bâtiments gouvernementaux aussi bien que dans les cliniques et les écoles, et les habitants non-juifs sont étonnamment familiers avec le calendrier et les coutumes juifs.

Les coutumes musulmanes ont clairement déteint sur les Juifs ici : ils retirent leurs chaussures avant d’entrer dans une synagogue comme les musulmans le font avant d’entrer dans une mosquée.

Cette familiarité développe l’intimité et l’assistance mutuelle, selon Ridha Arfaoui, un résident non-Juif de Riadh qui est propriétaire d’un petit restaurant près de La Ghriba.

« J’ai grandi avec les Juifs, nous avions des voisins juifs tout autour de notre maison et à Yom Kipour, nous n’allumions pas la radio par respect » dit-il.

Mais en Tunisie, les manifestations de l’antisémitisme, souvent arrosé de vitriol anti-israélien, continuent de se produire, rappelant aux 1 700 Juifs du pays restants que « l’Arabe est très facile à inciter », dit Dee’ie.

Un exemple récent est venu quand la Tunisie a rejoint plusieurs autres pays pour bannir le film « Wonder Woman », apparemment parce que son personnage principal est incarné par la star du cinéma israélien, Gal Gadot. Le philosophe Juif français, Bernard-Henri Levy, qui n’est pas Israélien, a été accueilli lors d’une visite en Tunisie en 2014 par des dizaines d’islamistes portant des pancartes appelant « Levy, le sioniste » à partir.

L’invitation du comédien juif Michel Boujenah à un festival tunisien au mois de juillet a provoqué des manifestations en Tunisie que les militants anti-racistes locaux ont qualifiées d’antisémites.

La Tunisie a plusieurs projets de loi en attente, introduits par les islamistes et les nationalistes laïcs, proposant un boycott général contre Israël et un bannissement de tout Israélien entrant dans le pays.


Nonobstant, le gouvernement de la Tunisie met en valeur son héritage de sites juifs, y compris Djerba, dont l’ancienne synagogue est sur la liste de Tunis parmi les lieux avancés pour une  reconnaissance comme héritage mondial par les Nations Unies. Le gouvernement a fait plusieurs déclarations sur le rôle positif de ses citoyens juifs, investi des ressources considérables dans la rénovation des lieux de culte et envisage de donner deux sièges au parlement pour représenter la communauté juive.

Mais, parallèlement, les autorités en Tunisie « confisquent discrètement » des antiquités juives, notamment un sefer Torah du 15ème siècle et dont le gouvernement refuse de divulguer son emplacement, selon un article publié le mois dernier par le site d’information français Dreuz.

Les effets de l’antisémitisme en Tunisie peuvent être « désagréables parfois, mais ils ne sont pas une menace pour la survie de cette communauté » déclare Dee’ie, qui était prêt à immigrer en Israël l’année dernière avec sa femme parce qu’ils ne parvenaient pas à trouver un appartement abordable à Zarzis.

« Les questions pratiques comptent : Si des Juifs peuvent trouver des partenaires Juives, gagner leur vie et avoir une vie confortable » ajoute-t-il,« J’ai grandi ici, mais je ne sais pas si ce sera l’endroit où mes enfants grandiront ».


Original title : In Tunisia, an ancient Jewish community braves uncertain future
Date of publication : September 26, 2017
Site of publication : Jerusalem Post (JPost)
Address of site : http://www.jpost.com
Address of the article : http://www.jpost.com/Diaspora/In-Tunisia-an-ancient-Jewish-community-braves-uncertain-future-506017
Author of the article : Cnaan Liphshiz/JTA

DJERBA, TUNISIA – MAY 25: Jews from different countries visit Synagogue La ghriba to celebrate Lag BaOmer in Djerba, Tunisia on May 25, 2016. (Photo by Yassine Gaidi/Anadolu Agency/Getty Images)

A Jewish woman lights candles during a pilgrimage to the La Ghriba synagogue in Djerba, Tunisia / Une femme juive allume les bougies pendant le pèlerinage à la synagogue de La Ghriba, à Djerba, en Tunisie (photo credit:ANIS MILI / REUTERS)

The few remaining Jews in Tunisia continue to gather each year at the beautiful La Ghriba Synagogue for holiday prayers.

DJERBA, Tunisia — Anticipating the sun’s rapid ascent in the African skies, six barefoot men align themselves early in the morning in a drafty corridor of the still-cool interior of Africa’s oldest synagogue.

Casually humming a biblical hymn in Hebrew, they and an Israeli journalist hold off on holiday prayers in the hope of performing them in a minyan — the quorum of 10 Jewish men that Orthodox Judaism mandates for certain prayers, and a threshold requirement for any viable community.

Members of a dwindling Jewish minority on this Tunisian island, they wait for hours under the ornate arches of the centuries-old La Ghriba Synagogue in Riadh, a town where thousands of Jews once lived but now has only a handful of Jewish families. It will take a while for reinforcements to arrive: three more Jews from Hara Kebira, the last remaining Jewish town in Djerba, located four miles north of the synagogue.

Belonging to one of the Arab world’s few active Jewish congregations, their patience reflects a determination to preserve their ancient tradition in a tight-knit community of 1,000. Many members feel duty-bound to remain on the island even though they can envisage no future here for their children.

“Everybody’s thought about leaving, myself included,” says Ben Zion Dee’ie, a 30-year-old yeshiva teacher who walked four miles to the La Ghriba from his parents’ home in Hara Kebira, where nearly all Djerba Jews live. “The economy’s bad, the currency’s plummeting, tourism’s suffering because of terrorism and jobs are scarce and not well paying. It’s not perfect.”

But leaving “would be very difficult,” adds Dee’ie, who comes each year with other congregants to make sure La Ghriba has a minyan. “It feels wrong to leave where my ancestors lived for so many years.”

Nonetheless, various factors, including state-tolerated violence against Jews following Israel’s victory over its neighbors in the 1967 Six-Day War, have gradually almost emptied Tunisia of the 110,000 Jews who lived here before 1970. A few dozen families left following the 2011 revolution that briefly installed an Islamist and anti-Israel party in power.

A Jewish worshipper prays during a pilgrimage to La Ghriba synagogue in Djerba April 28, 2013 / Une pèlerine juive prie pendant le pèlerinage à la synagogue de La Ghriba, à Djerba en Tunisie REUTERS/Anis Mili (TUNISIA)

That bout of instability was the latest chapter in the story that led to the near-total disappearance of centuries-long Jewish life from the Arab world amid hostility and poverty.

Jews on Djerba have also experienced these problems, not least in the explosion that al-Qaida terrorists set off outside the La Ghriba Synagogue in 2002 in which 20 people died, including 14 German tourists.

The explosion occurred three weeks before the Jewish holiday of Lag baOmer, when hundreds of tourists, including some from Israel, gather at La Ghriba for a pilgrimage that is particularly popular among Jews of Tunisian descent.

“It’s the only time of the year that we can count on having a minyan,” Dee’ie said at the synagogue, where the sounds of the shofar on Rosh Hashanah blended with the Muslim call to prayer and the chiming of church bells.

After prayers at the synagogue — a normally quiet place where the only sounds are the wind’s rustling of the wicker mats on the floor and the crackling of the glass oil lamps hanging over the windows — the 10 men walk to a deep well nearby to perform tashlich, a ritual of atonement requiring a large body of water.

Running for 200 feet beneath the sun-baked desert soil, the well used to service a complex of communal buildings and orchards belonging to the thousands of Jews who once lived here. But now it stands at the edge of a barren and open field.

Then the men head to the home of Joseph Azria, 42, and his ailing parents — three of the few Jews still living in Riadh — to blow the shofar for Azria’s father, who is too old and weak to walk to synagogue. The old man smiles as his only son still living in Tunisia speaks about his hope for finding a Jewish bride in Morocco and possibly moving with her to Israel.

The synagogue now is surrounded by anti-tank obstacles and permanently guarded by a platoon of soldiers toting machine guns. They forbid visitors from taking pictures and turn them away altogether whenever members of the Jewish community are in the building.

Photography is also forbidden inside Hara Kebira, which has permanently manned checkpoints at its two entrances. Police officers in civilians clothes patrol the town, quickly intercepting and questioning anyone who seems out of place. Inside Hara Kebira, which has a chief rabbi, four synagogues and three Jewish schools, Jews walk around wearing kippahs, greeting passers-by with “shalom” and wishing one another “Shanah tovah” – Hebrew for Happy New Year.

Sukkot, huts with palm-tree canopies, are erected in every yard on the Jewish holiday and the whole neighborhood falls silent on Yom Kippur, the Jewish Day of Atonement. Still, Hara Kebira residents do not advertise their Jewish identity outside their town: The men don hats over their kippahs upon leaving the enclave.

“It’s a very good thing the police are here, they protect us, just like they protect you in Israel,” Dee’ie, who studied at a religious seminary in Israel in 2007. He returned to Hara Kebira but moved away last year to Zarzis, where his wife was born and he teaches a classroom of 15 children from that city’s Jewish community of 130 members.

Dee’ie’s father, the community’s most experienced mohel and schochet – respectively the person who performs circumcision and the ritual slaughter of animals – still lives in Hara Kebira with his wife and Dee’ie’s nine siblings. They meet on holidays for elaborate meals rich with alcohol, including a kosher wine that the Dee’ies produce themselves because importing it is too expensive and complicated in Tunisia, a Muslim country where many oppose the sale of any alcohol.

Despite the challenges of living here, Djerba is one of the few spots in the region where a sizable Jewish community persists, thanks to what locals — Jews and non-Jews alike – say is a special set of circumstances: the local population’s relative immunity to waves of xenophobia and political agitation seen on the mainland.

Pretty much all aspects of life in Djerba bear the effect of centuries of interaction among Muslims, Christians and Jews, who have lived here since Roman times.

 

General view from the the Great Room of La Ghriba in Tunisia / Vue générale de la grande pièce de La Ghriba en Tunisie

Whereas elsewhere in Tunisia the traditional bean stew known as tfina pkaila is considered a typically Jewish dish, here in Djerba everyone eats and makes it. The island’s best makers of blousas — a traditional Djerban woolen robe that Muslims wear on religious holidays — are all Jewish. (One Jewish tailor, Makhiks Sabbag, and his son Amos are widely considered the very best.)

The symbol of the menorah, the Jewish traditional oil lamp, is a local icon adopted by the general population featured in decorations of government buildings such as clinics and schools. And non-Jewish locals are surprisingly familiar with the Jewish calendar and customs.

Muslim customs clearly have also rubbed off on Jews here: They take off their shoes before entering their synagogues the way Muslims do before entering a mosque.

This familiarity breeds intimacy and mutual assistance, according to Ridha Arfaoui, a non-Jewish resident of Riadh who owns a small restaurant near La Ghriba.

“I grew up with the Jews, we had a Jewish neighbor on all sides of our house and on Yom Kippur we would not turn on the radio out of respect,” he said.

But in Tunisia, expressions of anti-Semitism, often featuring anti-Israel vitriol, continue to occur, reminding the country’s remaining 1,700 Jews “that the Arab, he is very easy to incite,” Dee’ie said.

A recent example came when Tunisia joined several other countries in banning the film “Wonder Woman,” apparently because its lead character is portrayed by the Israeli film star Gal Gadot. The Jewish-French philosopher Bernard-Henri Levy, who is not Israeli, was greeted during a 2014 visit to Tunisia by dozens of Islamists carrying signs calling on “Levy the Zionist” to leave.

The invitation to a Tunisian festival in July of the Jewish comedian Michel Boujenah provoked protests in Tunisia that local anti-racism activists said were anti-Semitic. Tunisia has several pending bills, introduced by Islamist and secular nationalists, proposing a blanket boycott on Israel and a ban on any Israelis from entering the country.


Notwithstanding, Tunisia’s government is showcasing its Jewish heritage sites, including Djerba, whose ancient synagogue is on Tunis’ list this year for locales put forth for recognition as world heritage sites by the United Nations. The government has made several statements about the positive role of its Jewish citizens, invested considerable resources in renovating sites of worship and is considering allocating two seats in parliament for representatives of the Jewish community.

But in parallel, authorities in Tunisia are “quietly confiscating” Jewish antiques, including a 15th-century Torah scroll whose whereabouts the government is refusing to disclose, according to an expose published last month by the French news site Dreuz.

The effects of anti-Semitism in Tunisia may be “unpleasant at times, but they are not a threat to the survival of this community,” said Dee’ie, who was ready to immigrate to Israel last year with his wife because they could not find an affordable apartment to their liking in Zarzis.

“Practical things matter: Whether Jews can find a Jewish partner, make a living and live a comfortable life,” he added. “I grew up here, but I don’t know if this is the place where my children will grow up.”

 

 

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